Visiter à la Maud

Into the Wild

Coachelle Valley Preserve
Coachella Valley Preserve
Coachella Valley Preserve
Coachella Valley Preserve
Salton Sea
Salton Sea
Salton Sea
Salvation Mountain
Salvation Mountain
Salvation Mountain
Salvation Mountain
Salvation Mountain
Salvation Mountain
Algodones dunes
Algodones dunes

Tout commence comme cette chanson de Jimi Hendrix : « Voodoo Child » ; des bribes, des ondes de guitares électriques qui sont aussi floues que les mirages de chaleur qui caressent au loin la route.
Ce weekend nous partons à l’aventure en Southern California (Californie du Sud), découvrir trésors et paysages désertiques sagement gardés par le soleil.

Nous prenons la route en direction Palm Springs (non, pas celui de Miami!) et au fur et à mesure que le paysage défile, les vallées qui nous entourent se dévêtissent de leurs habitations, pour finir par se retrouver totalement nues. Elles dévoilent enfin leur vrai visage: une peau rugueuse parfois même trouée mais toujours fièrement dressées.

Coachella Valley Preserve

Coachella Valley Preserve

Au Sud de la ville se trouve Coachella Valley, une oasis nommée réserve naturelle, de plus de mille palmiers.
A l’approche de l’entrée, le paysage est d’ailleurs assez marrant à observer: rien d’autre à l’horizon que le désert ; un désert marron-rouge / marron-rouge / marron-rouge / ma… ah non vert pardon! Une énorme tâche verte a fait splash en plein milieu de cette aquarelle.

Le soleil tape fort mais une légère brise fait chanter les feuilles ; il est dix heures, la température est de trente-cinq degrés. Nous marchons le long du chemin qui serpente la palmeraie, les cimes laissent apparaitre quelques rayons de soleil pour tamiser l’ambiance ombragée.

« WELL, I PICK UP ALL THE PIECES AND MAKE AN ISLAND ; MIGHT EVEN RAISE A LITTLE SAND »

Salton Sea est un lieu qui aurait pu en faire rêver plus d’un ; tout le monde aurait voulu sa maison en bois installée sur pilotis autour du lac mais l’Homme en a décidé autrement. Ce petit coin de paradis est resté brut d’apparence mais il est en réalité génétiquement modifié.

Salton Sea

Salton Sea

Créé au XIXème siècle par une crue du Colorado ; en 2011, le lac est déclaré sinistré et classé catastrophe naturelle. Les cultures de la Vallée Impériale se déploient sur plus de 2000 km² au sud du lac et l’eau des ruissellements, chargée d’engrais et de pesticides se déverse dans cette étendue fermée. L’évaporation ne faisant qu’empirer le phénomène de pollution, les oiseaux migrateurs ont fini par partir et les poissons, eux ont fini par mourrir.
Au loin se dresse une plage de sable blanc, décor idéal d’un paysage sauvage. On pourrait presque croire que le plan de reconstruction fonctionne mais à peine posé un pied sur ce faux sable, que l’on s’aperçoit qu’il n’est en fait qu’ossements de poissons desséchés par le soleil et le sel de mer.

L’odeur n’est pas nauséabonde mais c’est loin d’être agréable ; réaliser que nous avons face à nous un véritable massacre dont l’Homme est responsable est très déstabilisant. Au moindre pas, le sol craque.

« WELL, I STAND UP NEXT TO A MOUNTAIN AND I CHOP IT DOWN WITH THE EDGE OF MY HAND »

Nous nous engouffrons assez rapidement dans la voiture. Les premières minutes du trajet sont assez silencieuses, sans doute le temps de réaliser l’ampleur des dégâts. Nous roulons à présent vers la ville de Niland, là où s’érige Salvation Mountain : l’oeuvre d’un homme particulier, le Voodoo Child de Jimi Hendrix: Leonard Knight.

Il n’était ni artiste, du moins pas avant cette montagne, ni fervent amateur de foi mais dans les années 1970, il eut une révélation et se mit à réciter des versets de la Bible. Une quinzaine d’années plus tard, son voyage en montgolfière s’acheva subitement dans le désert du Colorado, à quelques heures de Salton Sea… Salvation Mountain et ses cent mille gallons de peinture est donc un hommage à Dieu, un cadeau que Leonard Knight offrit au monde.
En approchant la destination, l’endroit nous parait surréaliste. Mais où avons-nous atterri ? Il n’y a rien. Absolument rien qui nous entoure,  excepté cinq-six caravanes abritant des post-hippies. Cette montagne de paille est tellement colorée et lumineuse qu’elle se fond presque avec le bleu du ciel.

Quand on analyse de plus près l’origine de cette sculpture, on se rend compte Leonard Knight a retranscrit le bonheur d’avoir trouvé cette voie et le rapprochement avec le film « Into the Wild » est assez marrant à faire. Salvation Mountain fut un des lieux de tournage du film, ce même film qui traite de la quête du bonheur à travers l’indépendance et la solitude…

Algodones dunes

Algodones dunes

Nous reprenons la route pour approcher de plus près (pas trop quand même) la frontière Mexicaine, nous descendons alors vers Yuma quand au loin, se dessinent d’énormes dunes de sable. Serait-ce un mirage ? Plus nous roulons, plus les dunes deviennent des digues jusqu’à former une nouvelle ligne d’horizon. Ce paysage qui n’a pas de nom de ville s’appelle Algodones dunes.
Nous gravissons l’une d’entre elles pour prendre un peu de hauteur et là surprise, des dizaines d’autres dunes s’étalent sur les kilomètres alentours. Cette sensation familière se fait ressentir: nous venons de trouver un nouveau Jericoacoara (Brésil)! Le paysage qui s’offre à nous est surréaliste, ces dunes sont sorties de nulle part, leur couleur orangée se mélange aux rayons du soleil et donne l’impression de nous chauffer la peau encore plus. Quelques minutes de plus sur ce sable brûlant et nous pourrions sans doute entendre cette douce voix: « S’il vous plaît… Dessine-moi un mouton ».

 

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply